Bonjour,
Je lance ce nouveaux sujet suite à une discussion avec Widukind sur les célébrations et rites, discussion ou il a été mentionné qu'il était pratiqué des sacrifices à la victoire en vue des raids, guerres, et des voyages commerciaux à venir.
Ma question est donc la suivante, comment sacrifier ?
Merci
Comment sacrifier
- Widukind23
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Re: Comment sacrifier
Hello !
Alors par où commencer ? Je vais tenter de faire simple au maximum :
Dans un premier lieu, il faut que tu définisses l'endroit où tu vas le faire, peut-être le feras-tu dans ta maison ?
Dans ce cas, on considère celle-ci comme déjà "sacrée" ( ce qui est d'une grande importance dans notre tradition comme tu t'en doutes ! ).
Si tu veux le faire en extérieur ( dans la nature, dans ton jardin si tu en as un - malheureusement, tout le monde n'a pas un temple dans son quartier à notre époque
), avec des amis par exemple, il faudra consacrer le lieu, ce qui est un sujet à part entière.
On considère que le lieu où tu vas réaliser le rite est ( ou doit être ) sacré : on parle d'un Vé, un des mots signifiant "sacré" dans la culture germano-scandinave. Un Vé est donc un espace sacré, séparé du monde profane.
La plupart des païens germano-scandinaves utilisent une bougie placée sur leur autel : elle symbolise le foyer, à défaut d'avoir un foyer ouvert ou un insert dans nos maisons, comme c'est souvent le cas de nos jours. Quand tu l'allumes, tu peux dire une phrase rituelle ( ici tirée de l'Edda Poétique ) :
La torche, à partir de la torche,
Brûle jusqu'à être consumée,
La feu s'allume à partir du feu.
Le foyer est la meilleure chose
Pour les fils des hommes,
Ainsi que la vue du soleil
Hávamál, 57 & 68
Comme nous n'avons pas de "mode d'emploi de cérémonie" parfait que nous auraient légué les sources, ici chez LEY, nous utilisons beaucoup le comparatisme indo-européen pour reconstruire la structure d'un rite ( mais aussi d'une prière ), en allant voir ce qui se passe dans les cultures "cousines" de la nôtre : romaine, grecque, perse, indienne védique.
Chez les romains par exemple, au début d'un rite, on invoque Janus, un dieu dit intercesseur, gardien des portes et des passages, des commencements et des fins : chez nous, ce sera Heimdall ( aussi appelé Rigr ), qui est le premier et le dernier des dieux, et qui garde le pont arc-en-ciel, Bifróst.
Ensuite, tu peux attaquer les prières destinées aux dieux "principaux" du rite ( mais cela peut aussi être tes ancêtres ! ).
Pour le Sigrblót, il semble que Tyr ( qui selon Snorri Turlusson ""a beaucoup d'autorité sur les batailles, et il est bon pour les hommes de
valeur de l'appeler" ) et Óðinn ( aussi appelé Sigtýr, "dieu de la victoire", et Sigföðr, "père de la victoire "), soient les divinités appropriées pour cette occasion.
La structure d'une prière optimale semble être ceci ( de nouveau, nous ne l'avons pas inventée, cela vient du comparatisme ) :
- appel du dieu, par son nom, ses épithètes ( exemple, Toi qui donnes la Victoire, Dieu de la Justice, le Manchot, le Borgne, le Dieu des Voyages, L'Ennemi du Loup, etc... ) ; tu peux directement t'inspirer des textes mythologiques de l'Edda. Est-ce que tu as l'habitude d'écrire, des poèmes par exemple ?
- ce que tu demandes ( exemple : la réussite, la victoire )
- ce que tu donnes en échange - l'offrande, cela peut être beaucoup de choses : de l'alcool, de la nourriture, de la menue monnaie, etc...
Comme ces deux dieux sont considérés comme célestes ( représentant les deux aspects du ciel, diurne et nocturne ), les offrandes peuvent être brûlées si c'est possible pour toi ( dans un braséro par exemple, ou dans un poêle ). Sinon, dépose les le lendemain du rite au pied d'un arbre, près de pierres dans la nature, etc...Pour un dieu comme Freyr ou pour les Alfes, enterrer les offrandes peut se révéler approprié - on considère qu'ils sont liés au monde chtonien, celui où sont les défunts - qui entretiennent un rapport étroit au moins pour certains avec les Alfes, et la fertilité. Chez les scandinaves, on retrouve des "pierres aux Dises", d'autres habitées par des esprits liés à la fertilité, auxquelles étaient faites des offrandes - la Bretagne ne manque de pierres particulières liées à ce type d'êtres ( même si leur origine néolithique, et la réinterprétation celtique les placent dans un contexte différent
).
Quand tu as prononcé les prières, tu peux par exemple porter un toast aux dieux, et/ou à tes ancêtres : pour ce faire, place la boisson que tu vas boire sur l'autel : on va considérer qu'elle reçoit la bénédiction divine ( elle est "heilig" en allemand et en néerlandais ( *hailagaz en protogermanique, heilagr en vieux norrois ), l'autre mot dans les langues germaniques pour signifier "sacré" ) que tu vas absorber en la buvant : dans le passé, lors d'un sacrifice, c'est l'animal sacrifié en l'honneur d'un dieu qui recevait celle-ci - on peut aussi imaginer que utiliser un aliment que tu vas ensuite manger ( seul ou en commun ) pour ce faire.
Ensuite, quand tout ceci a été effectué, tu peux utiliser un moyen oraculaire pour déterminer si l'offrande et le rite ont été validés par les divinités : ici nous avons tendance à utiliser les runes, mais je t'avoue que c'est un sujet assez expérimental car nous n'avons pas de traces directes de leur utilisation en contexte rituel ( sauf dans la Germanie de Tacite, où l'on pense que les signes gravés sur des bouts de bois sont des runes, ou leurs ancêtres, sans que l'on en ait la certitude totale ). Observer le vol des oiseaux, ou un autre phénomène naturel peut être une autre méthode ( mais de nouveau, nécessite de s'appuyer sur des pratiques folkloriques ou attestées à l'époque préchrétienne pour bien faire ).
Selon l'interprétation de cet oracle, ou alors par défaut, on peut verser une offrande expiatoire en disant quelque chose comme ceci :
"Si cette offrande ou ce rite vous ont déplu, veuillez accepter cette offrande à titre de dédommagement.."
C'est une forme de "sécurité" va-t-on dire !
Pour finir, tu peux remercier les divinités pour leur présence, et terminer par Heimdall, qui comme Janus, va clôturer le rite, en lui faisant une dernière offrande. Et fermer le rite par une phrase comme " Le rite a été accompli ! "
Tout ceci ne prétend pas être la meilleure structure de rite, mais en tout cas celle qui nous semble la plus pertinente et cohérente au niveau rituel. En début de rite, avant la prière à Heimdall, tu peux aussi faire une offrande à l'esprit du foyer ( le tomte, kobold selon les contrées ) ou aux esprits d'un lieu si tu es en extérieur ( "on est quand même chez eux" !!! ), lait, beurre, sont bienvenus.
Pour aller plus loin ( utilise un traducteur si nécessaire, c'est un très bon site anglo-saxon ) :
https://larhusfyrnsida.com/ritual-format/
https://larhusfyrnsida.com/prayer-format/
Et n'hésite pas si tu as des questions !
Alors par où commencer ? Je vais tenter de faire simple au maximum :
Dans un premier lieu, il faut que tu définisses l'endroit où tu vas le faire, peut-être le feras-tu dans ta maison ?
Dans ce cas, on considère celle-ci comme déjà "sacrée" ( ce qui est d'une grande importance dans notre tradition comme tu t'en doutes ! ).
Si tu veux le faire en extérieur ( dans la nature, dans ton jardin si tu en as un - malheureusement, tout le monde n'a pas un temple dans son quartier à notre époque
On considère que le lieu où tu vas réaliser le rite est ( ou doit être ) sacré : on parle d'un Vé, un des mots signifiant "sacré" dans la culture germano-scandinave. Un Vé est donc un espace sacré, séparé du monde profane.
La plupart des païens germano-scandinaves utilisent une bougie placée sur leur autel : elle symbolise le foyer, à défaut d'avoir un foyer ouvert ou un insert dans nos maisons, comme c'est souvent le cas de nos jours. Quand tu l'allumes, tu peux dire une phrase rituelle ( ici tirée de l'Edda Poétique ) :
La torche, à partir de la torche,
Brûle jusqu'à être consumée,
La feu s'allume à partir du feu.
Le foyer est la meilleure chose
Pour les fils des hommes,
Ainsi que la vue du soleil
Hávamál, 57 & 68
Comme nous n'avons pas de "mode d'emploi de cérémonie" parfait que nous auraient légué les sources, ici chez LEY, nous utilisons beaucoup le comparatisme indo-européen pour reconstruire la structure d'un rite ( mais aussi d'une prière ), en allant voir ce qui se passe dans les cultures "cousines" de la nôtre : romaine, grecque, perse, indienne védique.
Chez les romains par exemple, au début d'un rite, on invoque Janus, un dieu dit intercesseur, gardien des portes et des passages, des commencements et des fins : chez nous, ce sera Heimdall ( aussi appelé Rigr ), qui est le premier et le dernier des dieux, et qui garde le pont arc-en-ciel, Bifróst.
Ensuite, tu peux attaquer les prières destinées aux dieux "principaux" du rite ( mais cela peut aussi être tes ancêtres ! ).
Pour le Sigrblót, il semble que Tyr ( qui selon Snorri Turlusson ""a beaucoup d'autorité sur les batailles, et il est bon pour les hommes de
valeur de l'appeler" ) et Óðinn ( aussi appelé Sigtýr, "dieu de la victoire", et Sigföðr, "père de la victoire "), soient les divinités appropriées pour cette occasion.
La structure d'une prière optimale semble être ceci ( de nouveau, nous ne l'avons pas inventée, cela vient du comparatisme ) :
- appel du dieu, par son nom, ses épithètes ( exemple, Toi qui donnes la Victoire, Dieu de la Justice, le Manchot, le Borgne, le Dieu des Voyages, L'Ennemi du Loup, etc... ) ; tu peux directement t'inspirer des textes mythologiques de l'Edda. Est-ce que tu as l'habitude d'écrire, des poèmes par exemple ?
- ce que tu demandes ( exemple : la réussite, la victoire )
- ce que tu donnes en échange - l'offrande, cela peut être beaucoup de choses : de l'alcool, de la nourriture, de la menue monnaie, etc...
Comme ces deux dieux sont considérés comme célestes ( représentant les deux aspects du ciel, diurne et nocturne ), les offrandes peuvent être brûlées si c'est possible pour toi ( dans un braséro par exemple, ou dans un poêle ). Sinon, dépose les le lendemain du rite au pied d'un arbre, près de pierres dans la nature, etc...Pour un dieu comme Freyr ou pour les Alfes, enterrer les offrandes peut se révéler approprié - on considère qu'ils sont liés au monde chtonien, celui où sont les défunts - qui entretiennent un rapport étroit au moins pour certains avec les Alfes, et la fertilité. Chez les scandinaves, on retrouve des "pierres aux Dises", d'autres habitées par des esprits liés à la fertilité, auxquelles étaient faites des offrandes - la Bretagne ne manque de pierres particulières liées à ce type d'êtres ( même si leur origine néolithique, et la réinterprétation celtique les placent dans un contexte différent
Quand tu as prononcé les prières, tu peux par exemple porter un toast aux dieux, et/ou à tes ancêtres : pour ce faire, place la boisson que tu vas boire sur l'autel : on va considérer qu'elle reçoit la bénédiction divine ( elle est "heilig" en allemand et en néerlandais ( *hailagaz en protogermanique, heilagr en vieux norrois ), l'autre mot dans les langues germaniques pour signifier "sacré" ) que tu vas absorber en la buvant : dans le passé, lors d'un sacrifice, c'est l'animal sacrifié en l'honneur d'un dieu qui recevait celle-ci - on peut aussi imaginer que utiliser un aliment que tu vas ensuite manger ( seul ou en commun ) pour ce faire.
Ensuite, quand tout ceci a été effectué, tu peux utiliser un moyen oraculaire pour déterminer si l'offrande et le rite ont été validés par les divinités : ici nous avons tendance à utiliser les runes, mais je t'avoue que c'est un sujet assez expérimental car nous n'avons pas de traces directes de leur utilisation en contexte rituel ( sauf dans la Germanie de Tacite, où l'on pense que les signes gravés sur des bouts de bois sont des runes, ou leurs ancêtres, sans que l'on en ait la certitude totale ). Observer le vol des oiseaux, ou un autre phénomène naturel peut être une autre méthode ( mais de nouveau, nécessite de s'appuyer sur des pratiques folkloriques ou attestées à l'époque préchrétienne pour bien faire ).
Selon l'interprétation de cet oracle, ou alors par défaut, on peut verser une offrande expiatoire en disant quelque chose comme ceci :
"Si cette offrande ou ce rite vous ont déplu, veuillez accepter cette offrande à titre de dédommagement.."
C'est une forme de "sécurité" va-t-on dire !
Pour finir, tu peux remercier les divinités pour leur présence, et terminer par Heimdall, qui comme Janus, va clôturer le rite, en lui faisant une dernière offrande. Et fermer le rite par une phrase comme " Le rite a été accompli ! "
Tout ceci ne prétend pas être la meilleure structure de rite, mais en tout cas celle qui nous semble la plus pertinente et cohérente au niveau rituel. En début de rite, avant la prière à Heimdall, tu peux aussi faire une offrande à l'esprit du foyer ( le tomte, kobold selon les contrées ) ou aux esprits d'un lieu si tu es en extérieur ( "on est quand même chez eux" !!! ), lait, beurre, sont bienvenus.
Pour aller plus loin ( utilise un traducteur si nécessaire, c'est un très bon site anglo-saxon ) :
https://larhusfyrnsida.com/ritual-format/
https://larhusfyrnsida.com/prayer-format/
Et n'hésite pas si tu as des questions !
-
Maelric2
- Messages : 6
- Inscription : 28 mars 2026 18:47
Re: Comment sacrifier
Merci pour ta peine, j'ai plus qu'a bosser tout ca et mettre en pratique, je connais un endroit qui pourrai être pas mal a sacraliser.
- Widukind23
- Bureau
- Messages : 160
- Inscription : 13 sept. 2019 19:03
Re: Comment sacrifier
J'ai oublié un point important : avant de commencer le rite, tu peux te purifier ( au moins les mains et le visage ) avec l'eau ( propre ) d'une fontaine ou d'une source.